Les Arméniens de France : histoire et repères
La France accueille l’une des plus importantes communautés arméniennes de la diaspora. Son histoire commence surtout dans les années 1920, avec l’arrivée des rescapés du génocide par le port de Marseille.
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Après le génocide, l’arrivée par Marseille
En novembre 1922, le paquebot Tourville débarque à Marseille les 400 premiers réfugiés arméniens. Selon le Musée national de l’histoire de l’immigration, environ 58 000 réfugiés arméniens arrivent par Marseille entre 1922 et 1924.
Beaucoup passent par le camp Oddo, dans les quartiers nord de Marseille, où 5 541 réfugiés sont enregistrés entre 1922 et 1927. À partir de mai 1924, les Arméniens apatrides peuvent obtenir le passeport Nansen, créé par la Société des Nations pour les réfugiés.
Ils s’installent ensuite là où il y a du travail : à Marseille, dans la vallée du Rhône (Lyon, Décines, Valence), en région parisienne (Alfortville, Issy-les-Moulineaux) et sur la Côte d’Azur. D’autres Arméniens arrivent plus tard, notamment du Liban dans les années 1970.
Des églises dans toute la France
La plus ancienne est la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Paris, rue Jean-Goujon, construite en 1902-1904 grâce au mécène Alexandre Mantachev. Les réfugiés bâtissent ensuite leurs propres églises : à Marseille (1928 et 1931), à Nice (1928), à Alfortville (1930), puis à Lyon (1963), à Issy-les-Moulineaux (1975) et à Valence (1992).
Le diocèse de France de l’Église apostolique arménienne a été créé en 2006. Des communautés catholiques et évangéliques arméniennes existent aussi.
La mémoire du génocide
Le mémorial de Décines, près de Lyon, inauguré en 1972, est le premier monument public consacré au génocide arménien en France.
La loi du 29 janvier 2001 dispose que « la France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915 ». Depuis un décret du 10 avril 2019, le 24 avril est la journée nationale de commémoration du génocide arménien.
Le 21 février 2024, Missak Manouchian, résistant arménien fusillé par les nazis en 1944, et son épouse Mélinée sont entrés au Panthéon.
Des lieux de référence
- La Maison des étudiants arméniens, à la Cité internationale universitaire de Paris, inaugurée en 1930 grâce à un don de Boghos Nubar.
- Le Centre du patrimoine arménien de Valence, consacré à l’histoire et à la mémoire des Arméniens.
- Le mémorial de Décines et la rue du 24-Avril-1915, inaugurée en 1965.
Ville par ville
Histoire, lieux et actualité des Arméniens dans sept villes de France :
Sources
- Diocèse de l’Église apostolique arménienne de France
- Camp Oddo — Wikipédia
- Passeport Nansen — Wikipédia
- Loi n° 2001-70 du 29 janvier 2001 relative à la reconnaissance du génocide arménien (Légifrance)
- Décret du 10 avril 2019 portant création d’une journée nationale de commémoration du génocide arménien (Légifrance)
- Maison des étudiants arméniens — Cité internationale universitaire de Paris