Procès du catholicos : le juge qui s’est récusé menacé de sanctions
- Publié le
- Lieu
- Vagharchapat (Etchmiadzine) et Erevan, Arménie
- Date de l’événement
- Événement à venir —

Résumé
Le ministère arménien de la Justice demande au Conseil supérieur de la magistrature de sanctionner Hakob Manoukian, le juge qui s’était retiré le 7 août du procès du catholicos Karékine II et de six évêques. Ce magistrat de la province d’Armavir avait estimé que son impartialité pouvait être mise en doute : il avait obtenu sa licence d’avocat auprès d’Ara Zohrabian, aujourd’hui défenseur du catholicos et ancien bâtonnier. Le ministère a ouvert la procédure le 21 août ; la ministre Srbouhi Galian a saisi le Conseil le 19 octobre, qui examinera la demande le 16 novembre. Le chef de l’Église apostolique arménienne et les évêques sont poursuivis pour avoir entravé l’exécution d’une décision de justice rendue en faveur de l’ancien évêque Guévorg Saroyan. L’audience prévue le 30 octobre a été reportée au 6 novembre.
Analyse
Le Conseil n’a pas voulu dire si le ministère réclame la révocation du juge ; deux quotidiens d’Erevan relient la démarche à son refus de juger le catholicos. Le dossier est déjà passé entre les mains de trois juges sans le moindre débat sur le fond. Surtout, le 22 octobre, le même tribunal a rejeté la plainte civile d’Arman Saroyan : nommer et révoquer un primat relève du seul catholicos. Pour la défense, cela fragilise une accusation fondée sur des mesures provisoires aujourd’hui levées.
Conséquences possibles
L’affaire s’inscrit dans l’offensive du gouvernement de Nikol Pachinian, qui réclame le départ de Karékine II et a inscrit son remplacement dans son programme 2026-2031. Une sanction contre le juge serait lue par les soutiens de l’Église comme un avertissement aux magistrats. Le procès doit reprendre le 6 novembre devant le juge Serj Rouchanian ; la défense compte demander l’abandon des poursuites si la décision civile est confirmée en appel.
Ce qui reste incertain
La sanction demandée par le ministère n’est pas publique, et le lien avec la récusation, avancé par la presse arménienne, n’a pas été confirmé officiellement. La décision civile du 22 octobre n’éteint pas à elle seule les poursuites pénales et peut encore être contestée.


