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ÉconomieCaucase du Sud

« Route Trump » : le Parlement ratifie l’accord avec Washington, l’Iran se dit inquiet

Publié le
Lieu
Erevan et province du Syunik, Arménie
Date de l’événement
Événement passé —
Photo d’archive (2013) : l’Araxe, rivière-frontière entre l’Arménie et l’Iran, serpente au pied des montagnes de la vallée de Meghri, dans le Syunik — la zone traversée par le projet de route.
Photo : Vahe Martirosyan / CC BY 2.0 (recadrée)

Résumé

L’Assemblée nationale arménienne a ratifié le 28 octobre, par 63 voix contre 32 et sans abstention, l’accord-cadre arméno-américain sur la « Route Trump pour la paix et la prospérité internationales » (TRIPP). Le texte prévoit une liaison de transport à travers la province du Syunik, reliant l’Azerbaïdjan à son exclave du Nakhitchevan, ainsi que des infrastructures ferroviaires, routières, énergétiques et de communication. Une société de développement commune serait détenue à 74 % par les États-Unis et à 26 % par l’Arménie pendant une première période de 49 ans ; une prolongation de 50 ans porterait la part arménienne à 49 %. Le ministre des Affaires étrangères, Ararat Mirzoïan, assure que ces infrastructures resteront sous souveraineté et juridiction arméniennes, y compris pour les douanes et la sécurité des frontières.

Analyse

Le 30 octobre, l’ambassadeur d’Iran à Erevan, Khalil Shirgholami, a fait part de « sérieuses préoccupations » et demandé des assurances qu’aucune force étrangère ne sera présente à la frontière arméno-iranienne. Le 16 octobre, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghtchi disait pourtant « faire confiance » à Erevan. Dans l’opposition, Artur Khatchatrian (bloc Arménie) relève que les avantages promis à l’Arménie, comme ses propres itinéraires à travers l’Azerbaïdjan, ne sont pas garantis juridiquement.

Conséquences possibles

La ratification ouvre la voie à la création de la société commune et à la négociation des mécanismes de mise en œuvre, que Téhéran dit suivre de près. Le gouvernement y voit un pilier de sa stratégie de paix, fondée sur des intérêts économiques partagés. L’absence d’engagements réciproques détaillés de la part de Bakou devrait rester au cœur du débat politique.

Ce qui reste incertain

Les modalités techniques, notamment de sécurité, ne sont pas fixées : un opérateur privé pourrait avoir son propre service de sécurité, selon M. Mirzoïan, qui exclut toute présence militaire ou sécuritaire américaine à la frontière iranienne. Aucune étude d’impact économique complète n’a été présentée publiquement, selon l’opposition. Le calendrier des travaux n’est pas connu.